Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) réunit les représentants des trois familles de la filière bordelaise : la viticulture, le négoce et le courtage.

Outre sa mission de  connaissance du marché des vins de Bordeaux dans le monde, le CIVB veille à la préservation de la qualité des vins de Bordeaux et anticipe les exigences en matière d’environnement.

Il contribue aussi au positionnement de Bordeaux comme la marque de référence mondiale, notamment en recrutant et rajeunissant les consommateurs  et au développement de l’oenotourisme.

En tant que nouvel Adhérent, Invest in Bordeaux a interrogé le Président du CIVB, Allan Sichel pour en savoir plus sur l’actualité économique de la filière.

 

Le CIVB assure la connaissance de la production, du marché et de la commercialisation des vins de Bordeaux dans le monde. Pouvez-vous présenter les grandes tendances du marché en 2018/2019 ? Quels sont les principaux pays clients des vins de Bordeaux ?

 

Le contexte économique mondial en 2018/2019 est globalement incertain. Le marché chinois est en berne (les importations globales de vins tranquilles y sont en baisse de 9%), dans un contexte de ralentissement économique et de tensions commerciales avec les USA ; l’incertitude plane en Europe autour de la question du Brexit ; et la crise sociale que nous traversons en France a forcément ralenti, un peu plus encore, notre début de campagne.

Par ailleurs, notre récolte de 2017, marquée par un gel tardif, a été historiquement faible. Elle a eu, comme attendu, un impact sur nos disponibilités, nos prix et donc notre commercialisation.

Pourtant, dans cet environnement peu favorable, les Vins de Bordeaux résistent : nos exportations se sont appréciées, leur valeur gagnant 3% sur un an. Et, à l’exception de la Chine, nous progressons sur nos 12 principales destinations.

Nos principales destinations en valeur sont Hong-Kong et la Chine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique.

 

En quoi consiste le plan « Bordeaux Ambition 2025 » adopté en 2018 ? Où en est-on un an après ?

 

Ce plan d’envergure est le fruit d’un travail collectif impliquant la mobilisation d’un grand nombre de vignerons, négociants et parties prenantes (INAO, Chambre d’agriculture, DRAAF, etc). Il s’articule autour de 6 piliers :

  • Développer la valeur et les volumes durablement (retrait progressif du segment basique sur tous les marchés)
  • Un pilotage renforcé de la filière (prévisions de commercialisation, adaptation de la production)
  • Une marque Bordeaux forte, lisible et visible (publication d’un Manifeste autour de « Bordeaux, capitale des amoureux du vin »)
  • Une stratégie digitale conquérante au service des entreprises de la filière
  • Un engagement dans une démarche RSE collective (respect de l’environnement, transmission des savoir-faire, valorisation de l’humain, etc)
  • La mobilisation de la filière, engagée plus collectivement dans sa transformation.

 

Quelles sont les avancées menées par le CIVB sur les questions environnementales ?

 En 2010, dans le cadre de son plan « Bordeaux demain », le CIVB a déployé un outil collectif baptisé SME (Système de Management Environnemental). Bordeaux est ainsi devenu le premier vignoble à fédérer l’ensemble des métiers de la filière autour d’une même démarche environnementale, intégrant la conduite de la vigne et la vie de l’entreprise.

Depuis 2012, le cadre collectif du SME permet aux entreprises membres de se présenter à deux certifications environnementales : HVE et ISO 140001. Démarré avec 26 entreprises en 2010, le SME compte désormais plus de 800 entreprises dans son giron – 246 sont certifiées.

Dans son Plan Ambition 2025, le CIVB élargit ce socle environnemental pour emmener toute la filière vers une Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), qui intègre des préoccupations sociales et éthiques (respect des salariés, gouvernance, loyauté des pratiques, développement économique local). Pour l’heure, un groupe pilote d’une vingtaine d’entreprises est chargé de développer et tester la démarche et les outils avant son déploiement à l’ensemble de la filière en 2020.

 

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